Alors que le ministre de l’Education nationale, Luc CHATEL, a installé le comité de pilotage de la conférence nationale sur les rythmes scolaires le 7 juin 2010, l’UNI-Lycée souhaite être associée à ce débat fondamental pour la qualité de l’enseignement français.
En France, le nombre d’heures que les élèves passent en classe estl’un des plus élevés d’Europe. Particulièrement au Lycée, où un élève peut consacrer jusqu’à 40h par semaine à l’étude dans son établissement. Parallèlement, les programmes sont très riches et les semaines très denses. Le système pèse incontestablement sur la réussite des élèves, et l’UNI-Lycée se félicite dès lors qu’une telle réflexion soit lancée par Luc CHATEL.
L’UNI-Lycée, qui avait notamment plaidé en 2008 pour une rationalisation des options proposées aux lycéens, a toujours considéré que moins d’heures de cours n’étaient pas obligatoirement synonyme d’échecpour les élèves et de baisse de la qualité de l’enseignement pour l’institution.
En tout état de cause, les réactions plus ou moins angoissées d’organisations syndicales ou professionnelles montrent que de nombreux intérêts catégoriels se trouvent mis en jeu par l’évaluation des rythmes scolaires actuels. Attentive au déroulement de ce débat qui s’amorce, l’UNI-Lycée apportera son point de vue, et veillera à ce que cette discussion ne soit pas prise en otage par des enjeux autres que l’intérêt général.
Trois fédérations de parents d’élèves ont lancé mardi 18 mai un appel à Luc CHATEL pour réformer le système de notation des élèves. L’évaluation actuelle des élèves serait « un grave dysfonctionnement » qui, horreur,aboutirait à classer les élèves dans des catégories, cancres, moyens et brillants éléments. Les signataires préconisent de renverser la table et de généraliser un nouveau mode d’évaluation, « le contrat de confiance » comme chez Darty. L’enseignant fournirait à ses élèves une liste d’exercices faits en classe à réviser pour la prochaine interrogation. Cela irait bien au-delà de la simple suppression des interrogations surprises, puisque les élèves auraient précisément connaissance par avance des questions susceptibles de leur être posées à tous leurs prochains contrôles.
L’UNI-Lycée dénonce avec force ces conceptions fumeuses. Depuis quand un système d’évaluation devrait avoir pour but de faire remonter mécaniquement les notes des élèves ? Une évaluation doit avoir pour seul objectif de permettre à ceux qui y sont soumis de connaître leur véritable niveau. En outre, pour l’UNI-Lycée, il est essentiel de préparer les plus jeunes à se confronter le plus tôt possible à une évaluation juste et équitable, mais aussi exigeante. On ne peut imaginer sans frémir un système dans lequel les élèves ne seraient soumis à une évaluation digne de ce nom qu’au moment du baccalauréat.
Pour l’UNI-Lycée, au contraire, il faut en passer par une évaluation complète des connaissances des élèves. Ce système de « contrat de confiance » est un modèle de nivellement par le bas et d’égalitarisme. Il tuerait l’émulation et favoriserait un bachotage qui ruinerait l’apprentissage de l’autonomie des élèves tout en restreignant leur curiosité, l’approfondissement des matières, et, partant, dévaloriserait le savoir et sacrifierait le mérite.
Loin de ces billevesées, l’UNI-Lycée recommande au corps enseignant de réinvestir dans les valeurs et les méthodes qui fondent l’excellence d’un système éducatif. Le goût de l’effort, l’autorité du maître, la soif de la découverte.
Le lycée Henri-Carriat de Montceau-les-Mines (Saône-et-Loire) ouvrira à la rentrée 2010 une classe préparatoire TSI en trois ans destinée aux bacheliers professionnels issus de sections industrielles. Trente places sont à pourvoir « par des bacheliers ayant un cursus honorable sinon d'excellence en filière professionnelle et qui ont envie d'atteindre le niveau des meilleurs », explique lundi 1er mars 2010 à AEF Jean-François Lampin, proviseur de l'établissement.
« Si les trois années sont clairement fléchées CPGE, la première est une propédeutique qui vise à amener idéalement les élèves au plus près du niveau des bacs S ou SI et STI », poursuit Jean-François Lampin. L'accent est mis sur l'amélioration du niveau dans les disciplines scientifiques et la culture générale, « où le delta est plus important que dans les matières proprement techniques ». « Nous procédons dès à présent avec les enseignants à un travail de fond sur un accompagnement pédagogique personnalisé. »
CURSUS SÉCURISÉ
L'établissement limite à 24 places les deuxième et troisième années de prépa : « Certains étudiants nous quitteront probablement pendant le parcours, mais quel qu'en soit le moment, ils n'auront pas perdu leur temps. Les bons éléments pourront intégrer notre BTS électrotechnique en deuxième année ou rejoindre une licence de l'université de Bourgogne. » Ainsi, le lycée Henri-Carriat étudie actuellement la mise en place de validation de crédits ECTS. « Cet accompagnement et la qualité des enseignements constituent notre part du contrat. Au jeune d'y apporter la quantité de travail exigée », souligne Jean-François Lampin.
Situé au centre-ville, le lycée ne dispose pas, pour l'heure, d'internat. « La ville de Montceau-les-Mines et la communauté urbaine du Creusot-Montceau ont apporté une aide importante au projet, nous n'aurions pas pu envisager de recrutement sinon. Nous allons bénéficier de chambres dans un foyer de jeunes travailleurs ainsi que d'appartements de l'Opac pour des colocations. » Par ailleurs, « l'établissement pourrait rester ouvert jusqu'à 20h30 et proposer un temps d'accompagnement et de soutien après le dîner ».
Le lycée Henri-Carriat compte actuellement 900 élèves, « 800 en pré-bac et 100 étudiants en BTS. Nous devrions à terme dépasser le millier », estime le proviseur.
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Selon le Monde, 77 % des parents se disent favorables à la réforme du lycée de Luc Chatel, si l'on en croit le sondage CSA réalisé, les 6 à 7 janvier, à la demande du ministère de l'éducation nationale.
C'est le système de stages de remise à niveau, offert en alternative au redoublement à des élèves un peu justes dans une ou deux disciplines, qui arrive en tête des innovations avec 94 % d'opinions favorables. Vient, juste après, l'accompagnement personnalisé de deux heures instauré pour tous les élèves de la seconde à la terminale. Une "bonne chose" pour 91 % des parents.
Un des objectifs de la réforme, qui entrera en vigueur en septembre 2010 en classe de seconde, est de rendre possibles les réorientations jusqu'en fin de classe de première, grâce à un large tronc d'enseignements communs aux lycéens de toutes les séries générales. Les parents estiment là à 85 % qu'il s'agit là d'une bonne chose.
En revanche, si l'idée de faire passer à tous les lycéens l'épreuve d'histoire-géographie du baccalauréat à l'issue de la classe de première séduit encore 70 % des parents, le taux de satisfaction tombe à 50 % lorsqu'il s'agit d'évaluer la place que trouvent les enseignements d'histoire-géographie dans le nouveau lycée.
La réforme Chatel instaure 4 heures d'enseignement de cette discipline pour tous les élèves en classe de 1re (les scientifiques n'en ont que 2 heures 30 aujourd'hui) et la passe en option de 2 heures hebdomadaires facultatives en terminale S. Les parents ne sont que 48 % à considérer que c'est une "bonne chose"