À Dijon comme ailleurs en France, les centres de formation d’apprentis (CFA) et les entreprises qui accueillent des jeunes en alternance abordent la rentrée avec inquiétude. Le budget 2026 du ministère du Travail prévoit 2,5 milliards d’euros de réductions, et l’apprentissage figure parmi les premières lignes touchées. Entre prime d'embauche revue à la baisse et exonérations de cotisations réduites, le modèle qui avait porté l’alternance à des records ces dernières années change de visage.
Trois coups de rabot sur l’apprentissage
Trois mesures concentrent l’essentiel de l’effort budgétaire. D’abord, la prime d'embauche versée aux entreprises qui recrutent un apprenti passe de 3,4 à 2,4 milliards d’euros au niveau national, soit une baisse d’environ 30 %. Ensuite, une partie des exonérations de cotisations sociales dont bénéficiaient les nouveaux contrats disparaît depuis janvier 2026, ce qui renchérit le coût d’un apprenti pour l'employeur. Enfin, le financement des CFA eux-mêmes est amputé d’environ 6 %, ce qui pèse directement sur les capacités d’accueil et sur l’offre de formation proposée aux jeunes.
Au Sénat, le ton est loin d’être consensuel. Le sénateur Olivier Rietmann (LR) parle d’« un rabot général » qu’il refuse de laisser passer sans réaction, tandis que la sénatrice écologiste Ghislaine Senée réclame une véritable évaluation d’impact avant toute nouvelle coupe. De son côté, Frédérique Puissat (LR) plaide pour une pause dans les économies annuelles successives, estimant que les CFA et les entreprises ont besoin de visibilité pour s’organiser.
Un paradoxe : moins d’aides, mais toujours des postes à pourvoir
Les chiffres nationaux illustrent déjà un ralentissement : environ 94 900 contrats d’alternance avaient été signés au premier semestre 2025, soit une baisse de 1,4 % par rapport à l’année précédente, après le record historique de 879 000 entrées enregistré en 2024. Certaines régions se disent particulièrement exposées : en Occitanie, les acteurs de la formation évoquent jusqu’à 115 millions d’euros de financements en moins et s’inquiètent pour l’avenir de leurs apprentis.
Pourtant, le paradoxe est frappant : dans le Gard, une centaine de contrats d’apprentissage restent à pourvoir dans l’artisanat, faute de candidats plutôt que faute de postes. Ce décalage entre offres disponibles et aides en baisse se retrouve aussi en Bourgogne-Franche-Comté, où les chambres consulaires et les chambres de métiers misent sur la formation et l’accompagnement pour continuer à recruter malgré un contexte budgétaire moins favorable.
Ce que cela change pour les familles et les entreprises de Côte-d’Or
Pour les entreprises dijonnaises qui envisagent d’accueillir un apprenti, le calcul économique devient plus tendu : la prime d'embauche réduite et la fin progressive de certaines exonérations obligent à mieux anticiper le coût réel du contrat, en particulier pour les niveaux bac+2 et au-delà. Plusieurs artisans locaux avaient déjà ajusté leurs pratiques de recrutement à l’occasion de la rentrée, comme le montre le maintien ciblé des aides au recrutement dans l’artisanat malgré une activité en recul.
Côté jeunes et familles, l’orientation reste la meilleure arme pour sécuriser une place en alternance malgré un marché plus serré : ceux qui n’ont pas encore de contrat ou de formation peuvent encore agir, un peu comme pour les candidats qui tentent de décrocher une place via la phase complémentaire de Parcoursup. Les centres de formation de Côte-d’Or, confrontés aux mêmes contraintes budgétaires que le reste du pays, devraient continuer d’accompagner les candidatures tardives dans les filières où les besoins de recrutement restent réels, notamment dans l’artisanat et les services aux particuliers.
Il s’agit ici de faits budgétaires votés ou annoncés : les montants cités proviennent du projet de budget 2026 et des débats parlementaires en cours. Les conséquences précises sur le nombre final de contrats signés en 2026 restent, elles, une prévision, qui dépendra aussi de la mobilisation des branches professionnelles et des arbitrages économiques des entreprises.
Questions fréquentes
Qui est concerné par la baisse des aides à l’apprentissage ?
Toutes les entreprises qui recrutent un apprenti à partir de 2026 sont concernées, avec un effet plus marqué pour les contrats de niveau bac+2 et plus, pour lesquels la prime d'embauche et les exonérations de cotisations diminuent davantage.
Les contrats d’apprentissage déjà signés sont-ils modifiés ?
Les règles évoluent surtout pour les nouveaux contrats conclus à partir de janvier 2026 ; les règles applicables aux contrats en cours dépendent des dispositions transitoires prévues par chaque décret d’application.
Où trouver une offre d’apprentissage en Côte-d’Or malgré ce contexte ?
Les chambres consulaires, les CFA locaux et les salons de l’orientation restent les points d’entrée les plus fiables pour repérer les postes encore ouverts, notamment dans l’artisanat où la demande de candidats reste forte.
Sources
- Public Sénat — les coupes sur l’apprentissage dans le budget 2026
- ici.fr — l’Occitanie s’inquiète pour ses apprentis
- Objectif Gard — 100 contrats d’apprentissage à pourvoir dans l’artisanat
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

