Le commerce en ligne français continue de grandir, mais il change aussi de visage. Entre un nouveau bilan chiffré, la fermeture d’un acteur historique et une obligation réglementaire entrée en vigueur cet été, les achats sur internet n’ont plus tout à fait les mêmes règles qu’il y a un an.
Un marché qui ralentit en valeur, pas en volume
Selon le bilan annuel de la Fevad, la fédération du e-commerce et de la vente à distance, les Français ont dépensé 196,4 milliards d’euros sur internet, soit 7 % de plus qu’un an plus tôt. Mais le nombre de transactions, lui, a bondi de 11 %, pour atteindre 3,2 milliards d’achats réalisés par 42,2 millions de cyberacheteurs. Autrement dit : on achète plus souvent, mais pour des montants plus petits. Le panier moyen est désormais de 62 euros, contre des montants nettement plus élevés il y a quelques années. Les Français attendent aussi davantage les périodes de promotions pour passer à l’achat, ce qui pèse sur les marges des sites marchands tout au long de l’année.
La fin d’un acteur historique de la vente en ligne
Symbole de cette évolution du secteur, la plateforme Rakuten France, héritière de l’ancien PriceMinister, a fermé définitivement ses portes le 1er octobre. Cette marketplace, qui permettait à des particuliers et des professionnels de vendre des produits neufs ou d’occasion, cesse son activité après plusieurs années de déclin face à la concurrence des grandes plateformes généralistes. Pour les vendeurs encore actifs sur le site au moment de la fermeture, la bonne pratique reste de sécuriser ses derniers achats et transferts de fonds avant la coupure définitive des services.
Une nouvelle obligation de rétractation en ligne
Depuis le 19 juin 2026, tous les professionnels qui concluent des contrats à distance par voie électronique doivent proposer un dispositif de rétractation entièrement en ligne, gratuit et facilement accessible pendant toute la durée du délai légal de quatorze jours. Jusqu’ici, de nombreux sites marchands imposaient encore un courrier postal ou un formulaire complexe pour faire valoir ce droit. Le non-respect de cette obligation expose désormais les professionnels à une amende administrative pouvant atteindre 15 000 euros pour une personne physique et 75 000 euros pour une personne morale. Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des droits du consommateur en ligne, dans la continuité d’autres textes récents sur la garantie légale de conformité.
Les marketplaces revoient aussi leurs règles
Au-delà de la seule réglementation publique, les plateformes elles-mêmes ajustent leur fonctionnement. eBay France a ainsi annoncé fin septembre plusieurs évolutions pour ses vendeurs et acheteurs : de nouveaux frais de service, une vérification d’authenticité renforcée pour les articles de luxe, et l’intégration d’outils d’intelligence artificielle pour faciliter la mise en ligne d’annonces. Ces ajustements traduisent la pression croissante exercée sur les marketplaces généralistes pour rassurer leurs utilisateurs sur la fiabilité des transactions, dans un contexte où le pouvoir d’achat des ménages reste une préoccupation constante.
Ce que cela change concrètement pour les acheteurs
- Un droit de rétractation désormais exerçable intégralement en ligne, sans démarche postale, chez tout professionnel soumis à la règle depuis juin 2026.
- Des marketplaces généralistes qui renforcent leurs contrôles, notamment sur les produits de luxe et les annonces entre particuliers.
- Une vigilance accrue recommandée pour tout achat ou vente en cours sur une plateforme en cessation d’activité, afin d’éviter les litiges de dernière minute.
- Un comportement d’achat qui privilégie de plus en plus les périodes promotionnelles plutôt que l’achat impulsif, y compris pour des méthodes alternatives comme le dropshipping.
Questions fréquentes
Le droit de rétractation en ligne s’applique-t-il à tous les achats sur internet ?
Il s’applique à tout contrat à distance conclu par voie électronique avec un consommateur, à quelques exceptions légales près (biens personnalisés, denrées périssables, etc.). Le professionnel doit mettre à disposition un dispositif en ligne dédié, distinct d’un simple numéro de téléphone ou d’une adresse postale.
Que risque un site marchand qui ne propose pas cette fonctionnalité ?
Une amende administrative, dont le montant peut atteindre 15 000 euros pour une personne physique et 75 000 euros pour une personne morale, selon les textes entrés en vigueur au 19 juin 2026.
Pourquoi le panier moyen des Français diminue-t-il malgré la hausse des dépenses totales ?
Parce que le nombre d’achats progresse plus vite que les montants dépensés : les consommateurs fractionnent davantage leurs commandes et attendent les temps forts promotionnels pour acheter, selon les données de la Fevad.
Sources
Fevad — Bilan du e-commerce en France
Team France Export — Nouvelle obligation e-commerce
Ouest-France — Évolutions des marketplaces (eBay France)
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale

