Cet été 2026, la sécheresse ne fait plus figure d’exception en Côte-d’Or : au 1er juillet, 84 des 96 départements métropolitains comptaient déjà au moins une commune soumise à des restrictions d’eau, selon les derniers arrêtés préfectoraux recensés. Pour les jardiniers dijonnais, la question n’est plus de savoir si il faudra composer avec l’eau rare, mais comment garder un jardin vivant sans enfreindre la réglementation ni vider son compteur.
Un système de restrictions à quatre niveaux
Les arrêtés sécheresse s’organisent en quatre paliers progressifs : vigilance, alerte, alerte renforcée et crise. Dès le niveau alerte, l’arrosage des jardins privatifs se limite en général à des plages horaires précises — le plus souvent avant 8h et après 20h — afin de réduire l’évaporation. Au niveau crise, l’arrosage des espaces verts privés peut être purement et simplement suspendu. Chaque département fixe ses propres règles : en Côte-d’Or, mieux vaut vérifier régulièrement l’arrêté préfectoral en vigueur avant de sortir le tuyau, sous peine d’amende.
Le paillage, premier réflexe à adopter
Avant même de penser à arroser moins, la première étape consiste à limiter l’évaporation. Une couche de paillage de 7 à 10 cm — organique (paille, feuilles mortes, bois raméal fragmenté) ou minéral (gravier, pouzzolane, ardoise pilée) — emprisonne l’humidité du sol et freine nettement les pertes en eau. Posé juste après la plantation, il limite aussi la pousse des herbes indésirables, qui entrent elles aussi en concurrence pour l’eau disponible.
Arroser moins souvent, mais plus profondément
Contrairement à un réflexe répandu, multiplier les petits arrosages quotidiens est contre-productif : cela nourrit surtout les racines superficielles et les mauvaises herbes. Les jardiniers expérimentés misent plutôt sur des arrosages copieux et espacés — deux apports de 20 à 25 litres valent mieux que sept petits arrosages de 5 litres, car ils obligent les racines à descendre en profondeur, là où l’humidité résiste plus longtemps à la chaleur. Associé à un système de goutte-à-goutte, qui délivre l’eau directement au pied des plantes, ce mode d’arrosage peut réduire la consommation de 30 à 40 % par rapport à un arrosage classique au tuyau.
Miser sur des végétaux sobres en eau
Autre levier durable : composer son jardin avec des essences qui tiennent une saison entière sans arrosage une fois bien enracinées. La lavande, le romarin, la santoline, le sedum, la sauge, le géranium vivace ou les graminées ornementales figurent parmi les valeurs sûres pour un massif résistant à la sécheresse. Côté pelouse, remplacer le gazon classique — très gourmand, jusqu’à 5 à 8 litres par m² et par jour en été — par du thym serpolet, du trèfle nain ou un couvre-sol tapissant permet, après une année d’installation, de se passer quasiment d’arrosage.
- Pailler systématiquement massifs et pieds d’arbustes après plantation
- Arroser tôt le matin ou tard le soir, jamais en pleine chaleur
- Privilégier le goutte-à-goutte et la récupération d’eau de pluie
- Choisir des plantes méditerranéennes ou rustiques adaptées au manque d’eau
- Espacer les arrosages pour favoriser un enracinement profond
Pour aller plus loin dans une démarche économe en eau, ces gestes s’inscrivent dans une logique plus large de sobriété face au changement climatique, un sujet suivi de près par les collectivités de l’agglomération dijonnaise. Retrouvez d’autres idées pratiques dans notre rubrique Astuces et Conseils.
Questions fréquentes
Peut-on arroser son jardin en période de restrictions ?
Oui, mais selon des règles précises fixées par arrêté préfectoral : plages horaires limitées dès le niveau alerte, arrosage souvent réservé au goutte-à-goutte ou à l’arrosoir, et suspension totale possible au niveau crise. Il faut consulter l’arrêté en vigueur dans son département pour connaître les règles exactes.
Le paillage suffit-il à réduire significativement la consommation d’eau ?
Associé à un arrosage raisonné et à la récupération d’eau de pluie, le paillage contribue à une réduction pouvant atteindre 40 % de la consommation d’eau potable sur la saison estivale, selon les retours d’expérience de jardiniers ayant combiné les trois techniques.
Quelles plantes choisir pour un jardin qui résiste à la sécheresse ?
Les espèces méditerranéennes et rustiques comme la lavande, le romarin, la santoline, le sedum ou les graminées s’en sortent sans arrosage une fois enracinées. Pour la pelouse, le thym serpolet ou le trèfle nain constituent des alternatives beaucoup plus sobres que le gazon classique.

