À partir du 11 août 2026, le démarchage téléphonique change de logique en France. Fini l’ère où il fallait s’inscrire sur une liste pour tenter d’échapper aux appels : une entreprise ne pourra désormais vous solliciter par téléphone que si vous avez donné, au préalable, votre accord explicite. Pour les habitants de Dijon et de Côte-d’Or, souvent lassés des sollicitations répétées, ce basculement juridique a des conséquences très concrètes au quotidien.
Du système d’opposition au consentement préalable
Jusqu’ici, la France fonctionnait sur une logique d’opposition : le consommateur devait faire la démarche de s’inscrire sur la liste Bloctel pour signaler son refus d’être démarché. Ce modèle s’inverse totalement. Issue d’une loi promulguée le 30 juin 2025, la réforme instaure une logique de consentement préalable : sans accord express de votre part, aucun appel commercial n’est autorisé. En clair, le silence vaut désormais refus, et le dispositif Bloctel disparaît, devenu inutile.
Ce consentement ne peut pas être extorqué au détour d’une case pré-cochée. La loi exige qu’il soit libre, spécifique, éclairé, univoque et révocable. Vous pouvez donc le retirer à tout moment, et une entreprise ne peut pas se contenter d’un accord vague donné pour un tout autre motif.
Ce que cela change concrètement pour vous
- Moins d’appels non sollicités : sans votre feu vert, un professionnel qui vous appelle pour vendre un produit ou un service est en infraction.
- La preuve pèse sur l’entreprise : en cas de contrôle, c’est à elle de démontrer qu’elle disposait d’un consentement valide, et non à vous de prouver que vous n’aviez rien accepté.
- Un contrat signé illégalement est nul : tout contrat conclu à la suite d’un démarchage effectué en violation des règles peut être annulé.
Des sanctions nettement dissuasives
Le non-respect de ces règles expose les contrevenants à une amende administrative pouvant atteindre 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale. Des montants suffisamment lourds pour inciter les centres d’appels et les entreprises à revoir en profondeur leurs pratiques de prospection. Pour les TPE et commerçants dijonnais qui utilisent le téléphone comme canal commercial, l’enjeu est aussi de se mettre en conformité afin d’éviter tout risque.
Comment se protéger dès maintenant
En attendant l’entrée en vigueur, quelques réflexes restent utiles pour limiter les nuisances :
- Ne communiquez votre numéro que lorsque c’est indispensable et lisez attentivement les mentions de consentement.
- Notez la date, l’heure et l’identité de l’appelant en cas de démarchage abusif après le 11 août.
- Consultez nos astuces et conseils pour faire valoir vos droits et signaler les appels non conformes.
Cette réforme s’inscrit dans un mouvement plus large de renforcement des droits des consommateurs, qui redonne la main aux particuliers face à des pratiques longtemps subies.
Questions fréquentes
Bloctel disparaît-il vraiment ?
Oui. Le dispositif d’opposition Bloctel n’a plus de raison d’être puisque, sans consentement préalable, tout démarchage est interdit. C’est désormais l’absence d’accord qui protège, et non plus l’inscription sur une liste.
Que faire si je reçois un appel commercial après le 11 août 2026 sans avoir donné mon accord ?
L’appel est en principe illégal. Vous pouvez refuser toute proposition, demander à l’entreprise de justifier votre consentement et signaler la pratique auprès des autorités de la consommation. Un éventuel contrat signé dans ce cadre peut être annulé.
Les associations et les causes caritatives sont-elles concernées ?
La réforme vise principalement la prospection commerciale. Certaines relations contractuelles en cours ou sollicitations spécifiques peuvent relever de règles distinctes : en cas de doute, vérifiez la finalité exacte de l’appel avant de vous engager.

