Entre trésorerie tendue et nouvelles obligations administratives, les artisans traversent une période délicate en 2026. Selon les derniers baromètres des Chambres de Métiers et de l’Artisanat (CMA), l’activité recule dans plusieurs régions françaises, tandis qu’une échéance réglementaire majeure approche pour tous les professionnels, y compris en Côte-d’Or. Bonne nouvelle cependant pour ceux qui envisagent de recruter : les aides à l’apprentissage sont reconduites pour la rentrée.
Une activité qui se dégrade sur plusieurs territoires
Le dernier baromètre de la CMA Nouvelle-Aquitaine dresse un constat préoccupant : 72 % des artisans de la région se déclarent en situation de fragilité financière et 57 % manquent de confiance dans l’avenir de leur activité. Un signal qui rejoint la tendance nationale mesurée par l’Institut Supérieur des Métiers (ISM) : l’activité des entreprises de proximité — artisanat, commerce, professions libérales — recule depuis 2022, avec une baisse de 1 % constatée mi-2025 par rapport à l’année précédente. Le secteur du bâtiment est le plus touché, avec un repli de 5 % sur la même période.
En Bourgogne-Franche-Comté, la CMA régionale constate elle aussi un climat économique plus incertain et pousse ses ressortissants vers la transition numérique : diagnostic digital, visibilité en ligne et premiers usages de l’intelligence artificielle sont mis en avant comme leviers pour regagner en compétitivité, un enjeu qui concerne directement les artisans dijonnais confrontés à une clientèle de plus en plus habituée à chercher un professionnel sur internet avant de le contacter.
Facturation électronique : une échéance à ne pas manquer
Autre sujet de vigilance pour les professionnels : à compter du 1er septembre 2026, toutes les entreprises, y compris les micro-entrepreneurs, devront être en mesure de recevoir leurs factures au format électronique. Une obligation qui s’inscrit dans le cadre plus large de la réforme de la facturation électronique et qui suppose, pour de nombreux artisans encore équipés d’outils de facturation classiques, une mise à niveau rapide de leurs pratiques administratives — un aspect à anticiper au même titre que les autres obligations légales qui pèsent sur l’activité (voir notre rubrique Droit – Juridique).
Des aides au recrutement maintenues pour la rentrée 2026-2027
Le tableau n’est pas uniformément sombre. Un décret publié le 6 mars 2026 confirme le maintien des aides à l’embauche d’apprentis pour la rentrée 2026-2027. Pour les entreprises de moins de 250 salariés — soit l’immense majorité du tissu artisanal français — l’aide unique reste versée pour les formations jusqu’au niveau 4 (CAP, Bac professionnel, BP, BTM), tandis qu’une aide exceptionnelle est prévue pour les diplômes de niveaux 5 à 7. Les sous-secteurs qui recrutent le plus restent le bâtiment ainsi que les métiers de bouche et de service, deux filières bien implantées dans l’agglomération dijonnaise.
Un point de vigilance pour les employeurs : le contrat d’apprentissage doit être transmis dans un délai maximal de six mois après sa conclusion, faute de quoi l’aide ne pourra plus être versée. De quoi encourager les artisans qui hésitent encore à franchir le pas du recrutement à se rapprocher rapidement de leur CMA ou d’un centre de formation (plus d’informations dans notre rubrique Enseignement – Formation).
Ce qu’il faut retenir pour les artisans locaux
- Anticiper la bascule vers la facturation électronique avant le 1er septembre 2026, même pour les micro-entreprises.
- Se renseigner sur l’aide unique à l’apprentissage avant de signer un contrat, et respecter le délai de transmission de six mois.
- Renforcer sa visibilité en ligne pour compenser le ralentissement de la demande spontanée, avec l’appui des dispositifs numériques proposés par la CMA régionale.
- Suivre l’évolution de sa trésorerie de près, dans un contexte où plus de la moitié des artisans interrogés déclarent un niveau d’activité insuffisant.
Ces ajustements, conjugués à une conjoncture économique plus globale (voir notre rubrique Economie – Finance), dessinent une rentrée charnière pour l’artisanat de proximité, entre prudence budgétaire et opportunités de recrutement à saisir rapidement.
Questions fréquentes
Quels artisans sont concernés par l’obligation de facturation électronique au 1er septembre 2026 ?
Toutes les entreprises assujetties à la TVA, y compris les micro-entrepreneurs, devront être en capacité de recevoir des factures électroniques à cette date, dans le cadre du calendrier national de généralisation de la facturation électronique entre professionnels.
L’aide à l’apprentissage est-elle la même pour tous les niveaux de diplôme ?
Non. L’aide unique s’applique aux formations jusqu’au niveau 4 (CAP, Bac pro, BP, BTM) pour les entreprises de moins de 250 salariés, tandis qu’une aide exceptionnelle distincte concerne les diplômes de niveaux 5, 6 et 7.
Pourquoi l’activité artisanale recule-t-elle depuis 2022 ?
Les baromètres professionnels pointent une conjonction de facteurs : hausse des coûts d’achat et des charges, ralentissement de la demande des particuliers et, pour le bâtiment en particulier, un net repli de l’activité, mesuré à -5 % mi-2025 sur un an selon l’Institut Supérieur des Métiers.

