Construction neuve en France : pourquoi les permis reculent alors que les chantiers redémarrent

Related

Assurance habitation : pourquoi votre facture s’envole et comment limiter la casse

Les tarifs de l'assurance habitation grimpent bien plus que prévu en 2026, portés par la multiplication des catastrophes climatiques. Décryptage des chiffres et des solutions pour limiter l'impact sur son budget.

Encadrement des loyers en zone tendue : ce qui change pour les logements classés F ou G

Le décret du 20 juillet 2026 reconduit jusqu'en 2027 l'encadrement des loyers à la relocation en zone tendue, avec une règle sans dérogation pour les logements F et G.

Construction neuve en France : pourquoi les permis reculent alors que les chantiers redémarrent

Logements autorisés en baisse de 8 %, mises en chantier en hausse de 30 % au premier semestre 2026 : décryptage d'un marché du bâtiment à deux vitesses.

Canicule : les bons réflexes pour protéger sa santé pendant la vague de chaleur

Vigilance orange dans une vingtaine de départements, ARS Bourgogne-Franche-Comté en alerte : les recommandations officielles pour se protéger et protéger ses proches pendant la canicule.

Marchés de producteurs à Dijon : le calendrier complet place Notre-Dame

Un Dimanche en Bourgogne et le Marché des Créateurs 100 % Local se relaient place Notre-Dame à Dijon : dates, horaires et infos pratiques pour ne rien manquer.

Share

Le secteur du bâtiment français traverse une période à deux vitesses. D’un côté, le nombre de permis accordés continue de reculer sous la moyenne des cinq dernières années. De l’autre, les chantiers, eux, redémarrent nettement plus vite qu’attendu. Un paradoxe que les derniers chiffres officiels permettent d’éclairer, et qui a des conséquences très concrètes pour qui envisage de construire ou d’acheter dans le neuf, y compris à Dijon et dans ses environs.

Des autorisations qui restent sous leur niveau habituel

Selon les données du service statistique du ministère chargé du Logement, 376 241 logements ont été autorisés à la construction entre juillet 2025 et juin 2026 en France entière, soit 8 % de moins que la moyenne enregistrée sur les cinq années précédentes. Le mois de juin 2026 confirme cette prudence, avec 30 906 autorisations, en repli de 4,8 % par rapport à mai, après une forte volatilité mensuelle : un rebond de 17 % en mai avait lui-même suivi deux mouvements quasiment inverses en mars (+30 %) et en avril (-29,5 %).

Cette instabilité mois par mois illustre la nervosité persistante des professionnels du secteur, freinés depuis trois ans par la hausse des coûts de construction, des normes environnementales plus exigeantes et des marges resserrées pour les promoteurs.

Le vrai signal : les mises en chantier accélèrent

C’est là que se trouve l’information la moins commentée : alors que les permis stagnent, les mises en chantier ont bondi de près de 30 % au premier semestre 2026 par rapport au premier semestre 2025, avec environ 157 000 logements dont la construction a effectivement démarré. Autrement dit, une partie importante du stock de permis accordés ces derniers trimestres, longtemps mis en attente par les professionnels en raison de l’incertitude sur les taux et les coûts, se traduit désormais concrètement sur le terrain.

Pour un ménage ou un investisseur, ce décalage entre autorisations et chantiers change la lecture du marché : la pénurie de nouveaux projets déposés aujourd’hui ne se ressentira sur les délais de livraison que dans un an ou deux, alors que l’offre de logements neufs actuellement en construction, elle, s’améliore déjà.

Ce que cela change concrètement pour un projet immobilier

  • Les délais entre réservation et livraison d’un logement neuf pourraient rester tendus à moyen terme, faute de nouveaux permis suffisants pour renouveler le stock.
  • Les chantiers actuellement lancés bénéficient de conditions de financement plus stables : les taux de crédit immobilier se maintenaient autour de 3,30 % début août 2026, une accalmie qui pourrait toutefois s’effriter à la rentrée selon les courtiers.
  • L’objectif gouvernemental de 400 000 logements neufs par an ne sera pas atteint en 2026, ce qui maintient une pression sur les prix dans les zones tendues.
  • Le gouvernement étudie de nouvelles pistes pour accélérer les procédures, en s’inspirant notamment des méthodes déployées pour les grands chantiers olympiques.

Pour les ménages bourguignons qui envisagent un achat dans le neuf, mieux vaut donc comparer les tendances du financement avant de s’engager, tout en gardant à l’esprit que les choix de crédit et d’assurance emprunteur pèsent lourd sur le coût final d’un projet. Quelques réflexes simples permettent aussi d’éviter les mauvaises surprises lors de la signature d’un contrat de construction.

Questions fréquentes

Pourquoi les permis de construire reculent-ils alors que les chantiers augmentent ?

Les permis accordés aujourd’hui reflètent les nouvelles demandes déposées, freinées par les coûts et les normes. Les mises en chantier, elles, concernent des projets déjà autorisés par le passé et enfin lancés, une fois les conditions de financement jugées plus favorables par les promoteurs.

Les taux de crédit immobilier vont-ils rester stables ?

Début août 2026, les taux moyens se situaient autour de 3,30 %, une stabilité que les courtiers jugent fragile à l’approche de la rentrée, notamment en raison des tensions sur les marchés obligataires.

L’objectif de 400 000 logements neufs par an sera-t-il atteint ?

Non, selon les professionnels du secteur, cet objectif gouvernemental ne sera pas atteint en 2026, même si la dynamique des mises en chantier laisse entrevoir une amélioration progressive d’ici la fin de l’année.

Sources

SDES – Ministère chargé du Logement, résultats à fin juin 2026
Koliving – Logement neuf, les permis calent encore
Boursorama – Légère baisse des permis accordés en juin

spot_img